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La polémique sur l'utilisation du néologisme “Tourismologie” a rebondi ces dernières semaines avec la publication de l'ouvrage du professeur Jean-Michel Hoerner intitulé « La Science du Tourisme. Précis franco-anglais de Tourismologie ». Dans cet ouvrage, l'auteur poursuit sa quête de reconnaissance de la “tourismologie”, la science du tourisme, concept qu'il a lancé en 2000 dans les colonnes de la revue Espaces.
Que les études en tourisme souffrent d'une image non valorisante dont les conséquences sont désastreuses en termes de crédit pour les chercheurs, en termes de notoriété pour les professeurs et en termes de débouchés pour les étudiants, nul aujourd'hui ne le nie.
Qu'il existe un besoin de clarification terminologique, que le tourisme utilise des concepts qui lui sont propres comme « destination » ou « attractivité », etc. que des théories en tourisme naissent, que des écoles de pensée s'affrontent, que l'épistémologie en tourisme commence à trouver ses lettres de noblesse, tout milite en effet pour que le tourisme ait un statut de science spécifique et soit reconnue comme telle.
Mais faut-il pour autant créer et promouvoir un nouveau mot : « tourismologie », avec pour conséquence pratiquement inévitable de qualifier les chercheurs et les enseignants qui l'étudie de « tourismologues » et ses détracteurs de « tourismopathes » ? Ce n'est pas certain.
Le terme « tourismologie », même s'il correspond bien étymologiquement au « discours » sur le tourisme véhicule une image savante, précieuse voire prétentieuse. Elle évoque une spécialité unique alors que sa spécificité est d'être multidisciplinaire, au confluent des sciences économiques et des sciences humaines. Restons humbles.
Alors face à cette situation que proposer ?
Deux idées :
 Ennoblir le terme « tourisme » en utilisant systématiquement la préposition « EN », à la place de la préposition « DE » pour le qualifier. Exemples : faire des études EN tourisme et non pas des études DE tourisme ; parler d'académie EN tourisme et non pas d'académie DE tourisme. Immédiatement tout change, le terme est bonifié ; il devient conceptuel et par là même valorisé.
 Utiliser systématiquement le pluriel pour désigner les disciplines qui constituent les composantes du tourisme. Parlons de sciences touristiques comme on parle de sciences économiques.
Prolongeons l'analogie avec l'économie. Parlons de politique touristique comme on parle de politique économique. Parlons de Tourisme politique comme on parle d'Economie politique. Quant à ceux qui étudie le tourisme, appelons les analystes en tourisme comme on parle d'analystes économiques.
Nos amis québécois de l'Université de Montréal l'ont bien compris. Ils viennent de créer un réseau de veille EN tourisme et non pas un réseau de veille du tourisme. Imitons-les !
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